Les 5 risques du trading que tout débutant doit connaître

Sommaire

La plupart du contenu que l’on peut retrouver sur Internet concernant le trading et les marchés financiers se focalise sur des aspects précis : l’analyse technique, les méthodes secrètes pour gagner de l’argent rapidement, les signaux, et j’en passe. Loin de moi l’idée de dire que ces sujets sont inutiles ou que ces formateurs sont incompétents, mais ils oublient généralement une partie importante de la Bourse : les risques financiers. Ces derniers sont nombreux et peuvent être punitifs si un investisseur lambda se lance sans être préparé. C’est pourquoi j’ai décidé de t’en présenter cinq à travers cet article, afin de mieux t’orienter dans le monde complexe des marchés financiers.

 

Risque financier 1 : le risque de crédit

Le risque de crédit est une composante essentielle des marchés financiers, présente quand on investit dans des actions ou de la dette. Il désigne la situation où une entité (par exemple un gouvernement ou une entreprise) n’arrive pas à rembourser en temps, en heure et dans son entièreté, la dette qu’elle a contractée. Ici, le risque ultime est que l’entité fasse défaut, ce qui peut s’avérer catastrophique pour les investisseurs qui ont acheté de la dette (sous forme d’obligation).

Il existe plusieurs critères qui font qu’une entreprise puisse faire défaut mais le plus important à retenir est sûrement le défaut de paiement. Ce dernier peut advenir pour plusieurs raisons, comme une mauvaise gestion de la trésorerie, des erreurs managériales, ou des difficultés économiques.

Attention cependant, une entreprise n’a pas besoin de faire défaut pour que ce risque se fasse ressentir sur le prix. Par exemple, si une agence de notation décide de baisser la note d’une entreprise, alors, toutes choses égales par ailleurs, le prix de son action ou de son obligation va baisser, et ce, même si l’entreprise ne fait pas défaut. Il suffit en effet d’une dégradation de l’image que l’entreprise renvoie, ici symbolisée par une baisse de sa note de crédit, pour que les investisseurs ne soient plus prêts à dépenser la même somme d’argent pour acheter l’action ou l’obligation (ce qui a pour conséquence une chute du cours boursier pour l’actif en question).

Pour quantifier ce risque de défaut, les investisseurs se basent sur des agences de notation (les plus grandes étant Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch) qui évaluent les entreprises de manière régulière et leur attribuent une note.

De AAA+ à BBB- les entreprises sont dites Investment Grade, c’est-à-dire qu’elles sont perçues comme solides et ayant peu de risque de faire défaut. Il s’agit des grands groupes industriels ou des pays développés, ayant une solidité financière suffisante pour qu’un défaut ne soit pas probable sur le court terme. En dessous de BBB- (c’est-à-dire de BB+ à D), les émetteurs sont considérés comme spéculatifs et l’on parle de High Yield (pour rendements élevés). Ce sont des entreprises ou des pays ayant un risque de défaut plus élevé (dû à des difficultés financières, une mauvaise gestion de la politique fiscale, un fort taux d’endettement, etc.). Pour compenser ces risques plus grands, les investisseurs ayant acheté la dette sur le marché primaire demandent des coupons plus élevés (de la même manière que les intérêts que l’on paiera sur un crédit à la consommation seront plus élevés si je suis en difficulté financière).

 

Risque financier 2 : le risque systémique

Les risques systémiques ne se réduisent pas à un actif (ou même à une classe d’actifs) en particulier : leur rayon d’influence (et les potentielles conséquences) s’applique à l’ensemble du marché.

Par exemple, le risque que représente une crise financière est systémique, puisqu’il a de grandes chances de toucher tous les actifs, et non pas seulement certains en particulier. De la même manière, une crise de liquidité (que nous étudierons un peu plus tard), peut être systémique si c’est l’entièreté du marché qui est affectée.

Il est important de noter que les risques systémiques ne sont pas indépendants et qu’ils sont au contraire bien souvent interconnectés.

Une crise de liquidité au Canada peut déboucher sur un krach boursier, qui va amener un risque de défaut plus élevé pour les entreprises de la région, qui peut se propager à l’ensemble de l’économie, ce qui aura pour conséquence finale un risque de change entre le dollar canadien et les autres monnaies. Par cet exemple, vous pouvez vous apercevoir que l’arrivée d’un seul risque systémique peut en entraîner d’autres, et mettre en danger toute une économie.

La gestion de ces risques est en partie attribuée aux régulateurs, qui vont notamment codifier les activités des établissements bancaires, pour empêcher que des risques issus du système financier découlent sur l’économie réelle. Par exemple, ils peuvent faire en sorte d’interdire certaines pratiques jugées comme trop risquées, limiter le risque de contagion, et punir sévèrement les acteurs ne respectant pas les règles en vigueur.

Les risques systémiques ne peuvent pas être réduits en diversifiant son portefeuille, car ils sont applicables à l’ensemble du marché, et non pas à un secteur ou une action en particulier. On doit donc faire avec et se rappeler que même dans le meilleur cas où l’on a diversifié à 100% son portefeuille, il existera toujours une part de risque résiduel impossible à supprimer. Une guerre ou encore une crise financière sont des exemples de risque de marché systémique.

 

Risque financier 3 : le risque d’inflation

Le risque d’inflation n’est pas limité au monde des marchés financiers, mais est au contraire présent dans chaque aspect de notre vie. Il correspond à la perte graduelle de valeur d’une somme d’argent au cours du temps. Dit autrement, il désigne la dépréciation de la monnaie nationale, ce qui résulte en une perte de pouvoir d’achat.

Si l’inflation est de 5% par an en France, alors, si je possède 100€, ils ne me permettront, dans un an, de n’acheter que pour 95€ de biens et de services. Pour le dire autrement, mes 100€ ne vaudront plus que 95€. Un billet de 100€ me permettra d’acheter plus de choses aujourd’hui que demain si l’inflation est positive.

Ce risque est trop souvent survolé, alors qu’il peut s’avérer meurtrier pour les rendements de vos investissements et pour toute somme cash que vous détenez. Si tu as beaucoup d’argent sur tes comptes en banque, sans les avoir investis, tu coures le risque de voir sa valeur fondre.

Pour lutter contre ce risque, il est possible d’investir dans des actifs qui s’annexent (volontairement ou pas) sur le taux d’inflation. Il est par exemple possible d’investir dans de l’or, qui a la réputation d’être un bon bouclier anti-inflation, ou encore sur des obligations indexées sur l’inflation (comme les TIPS aux États-Unis).

 

Risque financier 4 : le risque de liquidité

La liquidité, et le risque qui lui est associé, désigne la capacité d’un investisseur à ne pas pouvoir clôturer une position (c’est-à-dire vendre s’il avait acheté, ou acheter s’il avait vendu) rapidement et au même prix que le trade initial (ou en tout cas à un prix proche). On peut citer plusieurs facteurs pouvant influencer le risque de liquidité :

  • La disponibilité de l’actif : Le risque de liquidité est intrinsèquement lié à la disponibilité des actifs sur les marchés. Il est facile de comprendre que moins un actif est échangé sur les marchés (par exemple une petite entreprise comparée à un mastodonte du CAC 40), et plus le risque de liquidité est important.
  • La taille de la position : Plus la taille du trade que l’on veut réaliser est grande, et plus la liquidité sera impactée, ce qui implique que le prix auquel on va pouvoir vendre (ou acheter) sera plus désavantageux.
  • La volatilité de l’actif : de la même manière, quand la volatilité d’un actif augmente, et que le prix de celui-ci fluctue de manière incontrôlée, les investisseurs peuvent être plus réticents à vendre ou à acheter, et préférer attendre un moment plus calme. Cela peut entraîner une baisse du volume échangé, et donc impacter la liquidité du produit. Lors de crises financières, le processus décrit ci-dessus se fait d’autant plus ressentir. Les investisseurs ne veulent plus intervenir (craignant trop de perdre leur argent), ce qui baisse drastiquement la liquidité disponible sur les marchés financiers.

 

Risque financier 5 : le risque opérationnel

Le risque opérationnel est assez différent des autres types de risques que l’on a vus jusqu’à présent. Il n’est ici pas question de facteurs externes qui viennent influencer le prix d’un actif, mais bien de facteurs internes, propres à chaque acteur (que ce soient des investisseurs ou des entreprises). Le risque opérationnel correspond à tous les facteurs en lien avec l’exécution des trades, les processus internes et toutes les erreurs humaines que l’on peut faire, qu’elles soient volontaires ou non.

 

Conclusion

Les différents points présentés dans cet article font tous partie de ce qu’on appelle la gestion des risques financiers. Ici, je les ai identifiés.

Pour réaliser une analyse complète, il nous faudrait, en plus de cette étape, les évaluer (étudier leur gravité et leur fréquence d’apparition), puis chercher à les atténuer (avec différentes techniques, comme la diversification de notre portefeuille).

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