Types d’investisseurs en bourse : qui trade sur les marchés financiers ?

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Il est possible que vous ayez l’idée reçue (très répandue) selon laquelle l’unique type d’investisseurs présents sur les marchés financiers est le spéculateur. Pourtant, la réalité est bien différente. Il existe en fait plusieurs types d’investisseurs, au-delà de l’investisseur classique, celui qui achète bas pour revendre haut.

Voyons ensemble les différents types d’investisseurs présents sur les marchés financiers. On en distingue généralement trois : le spéculateur, le hedger et l’arbitragiste.

 

a) Le spéculateur

Le spéculateur est le type d’investisseur le plus simple à comprendre. C’est l’investisseur « classique » dont je parle juste au-dessus dans l’introduction. Il n’a pas d’autre intérêt que de faire du profit. Il achète un produit pour espérer le revendre plus cher dans le futur, ou vend en espérant racheter plus bas. Bien sûr, de nos jours, les spéculateurs ont à leur disposition des produits beaucoup plus complexes, notamment grâce aux produits dérivés. Néanmoins, leur but reste le même : gagner de l’argent en prenant des positions sur les marchés financiers.

Pour citer des exemples, un spéculateur peut être un trader indépendant, un père de famille quand il décide d’investir son épargne, ou un fonds d’investissement avec des milliards à investir.

 

b) Le hedger

Le deuxième type d’acteur est le hedger. Il n’est pas présent sur les marchés financiers pour faire du profit, car il a, lui, besoin de se protéger contre un risque. Par exemple, quand un investisseur achète une action, il va être exposé au risque de défaut de l’entreprise, le risque de devise, le risque de liquidité etc… Il peut à ce moment-là décider soit de rester exposé à ces risques et donc d’en assumer les potentielles conséquences, ou alors il peut se hedger (c’est-à-dire couvrir) une partie de ces risques.

Il peut s’agir d’un trader cherchant à couvrir une position vendue, ou une entreprise cherchant à réduire son exposition à un risque sur lequel elle ne veut pas être exposée.

Prenons un exemple pour mieux comprendre :

La compagnie aérienne ABC doit se fournir tous les trois jours en carburant auprès des entreprises pétrolières. Cependant, le PDG cherche à éviter une situation où, à cause de tensions au Moyen Orient, le prix du baril de pétrole explose et qu’il doive donc régulièrement acheter son carburant beaucoup plus cher.

 

Cas où l’entreprise ne se hedge pas

 

Le PDG va voir son directeur financier, et ce dernier lui propose un produit financier, appelé « Future » qui donne une obligation d’achat ou de vente, à un prix fixé et à une date future fixée à l’avance.

Ici, comme la compagnie aérienne doit acheter des barils pour refaire son stock, elle va acheter le contrat future. Dans trois mois, peu importe si le prix du baril a explosé, ou si au contraire il a baissé de moitié, la compagnie aérienne payera le prix fixé à l’avance.

 

Cas où l’entreprise se hedge

 

On voit bien grâce à cet exemple que la compagnie aérienne s’assure un résultat plus stable, par le biais d’un produit dérivé (un contrat future). Elle n’a plus à se soucier du cours de baril de pétrole, car le prix auquel elle l’achète est fixé à l’avance. Elle a couvert son exposition au risque du marché pétrolier.

Un problème avec le hedging, c’est qu’il fait baisser, d’une manière ou d’une autre, le bénéfice potentiel. D’un côté, le hedging peut être vu comme une assurance, qui doit donc être payée.  Dans d’autres situations, où le hedging va bloquer le prix d’achat / de vente réalisé, l’acteur peut subir un risque d’opportunité (c’est-à-dire ne pas profiter d’un prix plus avantageux). Pour reprendre l’exemple précédent, si le prix du baril de pétrole s’effondre, alors l’entreprise aurait mieux fait de ne pas prendre le contrat Future, et acheter simplement, moins cher, le baril de pétrole au moment où elle en avait besoin.

La question sera donc de savoir quoi hedger (quel type de risque), en gardant à l’esprit que plus on hedge de risques, plus le prix à payer sera élevé (ou plus le risque d’opportunité sera important). Il faut ensuite se demander si, pour un type de risque donné, il est préférable d’hedger 100% du risque, ou juste une partie.

 

c) L’arbitragiste

L’arbitragiste est pour moi le type d’investisseur le plus complexe à comprendre. Un arbitrage désigne un profit pris sans risque, et l’investisseur va ici prendre simultanément plusieurs positions pour profiter des inefficiences de marché et dégager un bénéfice. Encore une fois, un exemple sera plus parlant.

L’action A est disponible en France (en euros) et dans sa version en dollars aux Etats-Unis. Une règle importante en finance est que si deux produits sont identiques, ils doivent avoir le même prix. C’est le cas ici, il s’agit de la même action, qui donne les mêmes droits, les prix doivent donc être égaux. Ce qui veut dire que si l’action française vaut 100€, et que 1 EUR = 1.20$, l’action en dollars doit valoir $120.

 

Pas d’opportunité d’arbitrage

Si ce n’est pas le cas, si disons l’action américaine vaut $125, il serait alors rentable de vendre l’action américaine (trop chère par rapport au prix français), de convertir les $125 en euros (pour 104.17€), puis d’acheter l’action française pour 100€ et réaliser un gain instantané et sans risque de 4.17€.

 

Opportunité d’arbitrage possible

Dans une telle situation, les arbitragistes entrent sur le marché, et réalisent l’opération que je viens de mentionner pour dégager un profit. Cependant, en vendant l’action américaine, ils tirent son prix vers le bas et en achetant l’action française, ils tirent le prix vers le haut, jusqu’au moment où une opportunité d’arbitrage n’est plus possible car les prix sont équivalents.

 

Conclusion

Connaître les différents types d’investisseurs est primordial. J’ai justement dédié une partie de ma formation à ce sujet. Tu y retrouveras également des sections sur l’analyse fondamentale et technique, la gestion des risques, ainsi que la finance comportementale.

Mon objectif, à travers ce cours, est de te fournir toutes les informations nécessaires pour progresser dans ta carrière de trader. Investir, c’est bien. Se former avant, c’est encore mieux.

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